32, année éthylique...

Mill1

imaginé par Cédric Cadaux

 

Extrait

L'année 1932 n'a pas laissé d'empreinte indélébile dans notre mémoire collective, et pourtant... La Mandchourie devient indé­pendante (oui, mais c'est loin...), le parti nazi s'impose comme pre­mière force politique en Allemagne (là, c'est moins drôle)... Et en France ? Le 16 janvier, Louis Aragon est inculpé par le gouvernement français pour « excitation de militaires à la désobéissance et provocation au meurtre dans un but de propagande anar­chiste » à la suite de la publication, en juillet 1931, dans une revue soviétique Littérature de la révolution mondiale, du poème Front rouge. Plus festif : le 23 avril, Paris inau­gure le Parc des Princes ; plus tragique : le 6 mai, le président Doumer est as­sassiné... Plus réjouissant : Le Normandie, « le plus grand paquebot qui vit jamais le jour », est lancé aux chantiers navals de Saint-Nazaire. Il doit ef­fectuer le trajet Le Havre-New York en quatre jours et demi (pas mal le « made in France ! »). 1932, année héroïque ? Un peu quand même … L'aviateur Lefèvre relie Paris à Saï­gon en dix jours (il fallait le faire, sans la classe af­faires).

Année anecdotique ? Bien sûr ! Citroën présente au salon de l'automobile sa fameuse Roadster AC4, équipée d'un moteur flottant, d'après un brevet américain.

 

Et à Millau ? me direz-vous. Les moteurs flottent aussi ! Figurez-vous qu'une mystérieuse et inexplicable épidémie d'accidents de la circulation met en émoi les édiles millavois. Certes, il ne s'agit que de simples accrochages, mais leur fréquence, dans une petite ville, à une époque où l'automobile reste l'apanage d'une élite, ne manque pas d'interpeller le Maire radical Maurice Baud. Dépêché de Rodez, Monsieur l'Ingénieur-en-Chef de l'administration des Ponts-et-Chaussées ne tarde pas à remettre son mémoire. Il constate que plu­sieurs collisions se sont produites à proximité d'un café ou d'affiches murales ventant les vertus de boissons liquoreuses. Il remarque égale­ment que nombre de piétons et de marchands ambulants empruntent le plus naturellement du monde les chaussées de la cité gantière au risque de perturber la libre circulation automobile, pourtant balbu­tiante. Aussi préconise-t-il, pour une période de six mois renouve­lable, la fermeture de tous les débits de boissons de la ville et de rendre obligatoire l'usage du trottoir à toute personne circulant à pied. Il n'en faut pas plus pour mettre le feu aux poudres : nos concitoyens manifestent leur rejet de ces mesures liberticides en se rassemblant sur les places, avenues et boulevards, les gantiers et gantières se mettent en grève : on conspue l'ingénieur. Le Maire, dans un souci d'apaisement, enterre définitivement le rapport honni. En remercie­ment des services rendus, le zélé fonctionnaire ruthénois se voit muté à Nœux-les-Mines, charmante bourgade du Pas-de-Calais, où il termi­nera sa carrière...

 

Voir le texte intégral dans le tome 6

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