Jeux d'hiver (texte intégral)

J'ai passé une bonne partie de mon enfance dans le petit village de Castelmus, près de Castelnau-Pegayrols, sur le Lévezou. Dans les années 30, j'ai déjà eu l'occasion de le dire pour l'histoire du loup, les hivers étaient très rudes. Mais il faut bien que jeunesse se passe et le froid ne nous empêchait pas de mettre le nez dehors, même lorsqu'il gelait à pierre fendre. Lorsque l'hiver s'était installé, l'un de nos jeux favoris était de fabriquer des luges de fortune pour faire des glissades sur les chemins gelés. Nous recherchions des planches suffisamment résistantes, dans lesquelles nous creusions un trou. Dans ce trou, nous fixions un gros bâton.

 

Ob 9fe87b vercors 1837

 

Le soir, en sortant de l'école, nous allions chercher des arrosoirs, en cachette de nos parents, puis nous choisissions un chemin pentu. Là, tous ensemble, nous versions le plus d'eau possible sur le chemin, en espérant que la nuit serait glaciale et que nous aurions, le lendemain matin, une belle patinoire !

Nous instaurions un roulement pour les arrosages et ceux qui n'assuraient pas leur tour se faisaient sermonner : "Tu n'es pas venu(e) arroser hier soir !"

Le lendemain, nous dévalions la pente sur nos luges et lorsque nous voulions freiner, nous enfoncions le bâton dans le sol, mais le système n'était pas toujours très au point. Nous rentrions souvent avec un genou écorché (nous ne portions pas de pantalon, seulement des chaussettes avec nos galoches.) Et là, c'était une autre histoire...

Voir tome 1

 

anecdotes

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