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  • Notre illustrateur au boulot !

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    Il s'appelle Jean-Paul Guillaume, il est l'un des deux illustrateurs attitrés, avec Françoise Picard, des livres que nous publions. Son trait est facilement reconnaissable dans nos ouvrages de la collection "Des Millavois parlent aux Millavois" ou "Des Bruits dans les Buis" : assuré et précis jusqu'au moindre détail. Quant aux couleurs, au crayon, elles sont éclatantes... Reprenez vos livres et vous en conviendrez !

    Le travail de Jean-Paul ? Il nous est précieux ! Ses crayonnés prennent le relai de la photographie lorsqu'elle fait défaut mais surtout, ils offrent une touche de fraicheur et des notes de couleurs essentielles au bon équilibre de la mise en page. 

    Actuellement très sollicité, il passe de longs moments devant sa table de dessin afin de répondre au mieux aux demandes des auteurs du huitième tome "Des Millavois parlent aux Millavois" tout en proposant un regard critique et distancié sur les textes qui lui sont présentés. En effet, comme le soulignent les auteurs, "nous aussi, nous pouvons nous vanter de nous offrir les services (bénévoles et désintéressés, faut-il le préciser...) d'un illustrateur Belge !"

  • Appel à témoins !

    Comme vous avez pu le lire dans une précédente édition, l’association A Tous Cœurs commence une nouvelle saison de moisson de souvenirs de l’ancien temps destinés à être publiés dans le tome 8 de la  fameuse collection « Des Millavois parlent aux Millavois ». Arlette Bompart, Pierre Costecalde et Cédric Cadaux ont déjà recueilli plusieurs témoignages d’Anciens. Ils souhaitent désormais étendre le champ de leurs investigations aux thèmes suivants : la gare (souvenirs de voyageurs et d’employés), les employés d’hôtel, les cavalcades, les faits divers (ils ne manquent pas), les aléas climatiques… Bien entendu, cette liste n’étant pas exhaustive, toutes les contributions seront les bienvenues. Est-il besoin de préciser que les droits d’auteur participeront au financement des actions de solidarité de l’association.

    Si vous souhaitez confier un souvenir, un document, des photographies, l’équipe vous recevra volontiers rue de la Liberté, en face de l’école Jules Ferry, à la boutique d’A Tous Cœurs, le mercredi de 14h à 17h.

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  • Bientôt le tome 8 !

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    Qui ne connaît pas la fameuse collection de souvenirs et d’anecdotes de l’ancien temps « Des Millavois parlent aux Millavois », édité depuis bientôt 10 ans par l’association A Tous Cœurs ?

    A ce jour, sept tomes constituent ce singulier voyage au long court dans notre mémoire collective. Grace à de nombreux et touchants témoignages d’Anciens, les auteurs Arlette Bompart, Cédric Cadaux et Pierre Costecalde ont redonné vie aux quartiers de notre cité de la première moitié du siècle dernier, aux vieux métiers aujourd’hui disparus, aux traditions, fêtes et figures locales…

    Après une année de pause bien méritée, l’équipe de « passeurs de mémoire » a décidé de prolonger l’aventure (en effet, les demandes sont nombreuses !) et se lance désormais dans la rédaction du tome 8. Déjà, les premiers témoignages ont été recueillis, accompagnés de photos inédites d’époque.

    Alors, si vous souhaitez participer à cette belle et généreuse entreprise de sauvegarde de notre patrimoine commun, n’hésitez pas à contacter Cédric Cadaux au 07 83 76 35 24 ou à rencontrer l’équipe à A Tous Cœurs, rue de la Liberté à Millau, le mercredi de 14h à 17h.

  • La journée de noël d'A Tous Coeurs

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    Cette année, nous nous mobilisons pour contribuer à rendre le sourire des enfants démunis plus beau au pied du sapin. Avec l'équipe de l'enseigne GEANT CASINO de Millau, nous organisons un grande journée de solidarité le samedi 9 décembre de 9h à 20h. Collecte de jouets neufs et de denrées alimentaires sera proposée aux clients tout au long d'un parcours dans le magasin. De plus, il sera possible aux personnes férues d'histoire locale d'acquérir ce jour-là à prix spécial fêtes toute la collection "Des Millavois parlent aux Millavois" et le petit dernier "Des Bruits dans les Buis"... Précisons que les jouets cllectés seront offerts aux enfants des familles bénéficiaires des aides de notre association.

  • Le tome 7 est sorti !

    Sans titre 3"Et voguent les souvenirs", tel est le sous-titre du 7ème tome de notre saga historique "Des Millavois parlent aux Millavois" dont vous découvrez aujourd'hui, en avant-première, la couverture... Depuis sept ans maintenant, à l'approche de Noël, nous donnons rendez-vous aux passionnés d'histoire(s) locale(s) impatients de tenir entre leurs mains le tout dernier écrin de récits et d'anecdotes vécues de l'ancien temps. Ce livre, fruit d'un an de travail, fait la part belle aux photos inédites et un nouvel illustrateur, Jean-Paul Guillaume, a rejoint les auteurs Arlette Bompart, Cédric Cadaux et Pierre Costecalde. Vous voudriez en savoir un peu plus ? Voici quelques-un des titres composant cet ultime volume : "Un commerce, une vie...", "Yvonne et Maurice", "Les hommes en noir", "Du cirque à la moto", "La colonie du château", "Laurencie", "Lapinodrame", "Au Saoutadou naguère..." Mais le mieux ne serait-il pas de courir à la boutique d'A Tous Coeurs afin de vous procurer le bel ouvrage ?

     

     

  • Le tome 7, c'est pour bientôt !

    Sans titre 3"Et voguent les souvenirs", tel est le sous-titre du 7ème tome de notre saga historique "Des Millavois parlent aux Millavois" dont vous découvrez aujourd'hui, en avant-première, la couverture... Depuis sept ans maintenant, à l'approche de Noël, nous donnons rendez-vous aux passionnés d'histoire(s) locale(s) impatients de tenir entre leurs mains le tout dernier écrin de récits et d'anecdotes vécues de l'ancien temps. Ce livre, fruit d'un an de travail, fait la part belle aux photos inédites et un nouvel illustrateur, Jean-Paul Guillaume, a rejoint les auteurs Arlette Bompart, Cédric Cadaux et Pierre Costecalde. Vous voudriez en savoir un peu plus ? Voici quelques-un des titres composant cet ultime volume : "Un commerce, une vie...", "Yvonne et Maurice", "Les hommes en noir", "Du cirque à la moto", "La colonie du château", "Laurencie", "Lapinodrame", "Au Saoutadou naguère..." Mais chut ! Nous vous en dirons un peu plus dans quelques jours...

     

     

  • Coup de pouce à l'école Jules-Ferry

    Csm razisse1 ba2089928dDu 10 au 14 octobre prochain, les élèves de CM1 et CM2 de l'école Jules-Ferry à Millau participeront à une classe de découverte sur le thème de l'astronomie et du sport à Razisse, dans le Tarn.

    A cette occasion, notre association versera une aide de 100 euros afin d'aider quelques familles démunies à financer ce séjour. Bon voyage à toutes et à tous !

  • De l'autre côté du mur

    par Cédric Cadaux

    Extrait

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    Les travaux de démolition de l’ancienne prison

    ont commencé

     

    « Construite en 1825, il y a près de cent cinquante ans, la maison d’arrêt de l’avenue Alfred-Merle va enfin disparaître de la vue des habitants de ce quartier qui n’éprouveront, sans doute, aucun regret à voir démolir les vieux murs de ce triste bâtiment, véritable verrue en plein cœur de la ville. Désaffectée depuis de nombreuses années, l’ancienne prison servait de local à la crèche, transférée depuis hier rue Jean Moulin, et d’habitations à quelques familles nécessiteuses.

    Tout au plus pourra-t-on regretter le parking qui permettait le stationnement de véhicules obligés, depuis lundi, à trouver un nouvel emplacement, ce qui ne sera pas chose facile. Après l’enlèvement de la toiture les pics des démolisseurs vont s’attaquer aux solides pierres de la bâtisse qui cèdera la place au futur hôtel des postes dont la construction est prévue sur deux ans. »

    (Article extrait du Midi Libre du mercredi 31 octobre 1973)

     

    Bientôt donc, cette vieille et sinistre bâtisse ne sera plus qu’un mauvais souvenir pour les Millavois, trop heureux d’être enfin débarrassés de cet encombrant patrimoine. De nos jours, qui s’en souvient, de cette prison ? Qui sait encore qu’en lieu et place de notre hôtel des postes se dressait une maison d’arrêt ? Plus grand monde à vrai dire et d’ailleurs, cela n’a pas vraiment d’importance. Pourtant, il n’y a pas si longtemps, des hommes, des femmes et plus étonnamment, des mineurs, y ont été détenus, y ont vécu, certains y sont morts.

     

    Par un matin pluvieux d'avril, je me rendis aux Archives Départementales à Rodez. C'est dans une magnifique salle de lecture au toit de verre que l'on m'apporta un vieux dossier un peu poussiéreux de l’ancienne prison. Protégé par une chemise de papier kraft et une ficelle de facteur, il semblait avoir été maintenu hors du temps. Je commençais à en explorer le contenu avec précaution lorsque l'odeur si caractéristique du vieux papier m’envahit soudain. Une liasse de feuillets disparates et un cahier qui noircit le bout des doigts lorsqu’on le feuillette me donnèrent à penser que personne, depuis des lustres, n’était venu réveiller les témoins de ce passé relégué aux oubliettes. Mais à la fin du dossier, un morceau de papier, parfaitement blanc celui-là, attira mon attention. Je le retirai de la liasse et là, ô surprise ! je découvris deux photographies en noir et blanc datant des années 30. C’était l'avenue de la gare, celle où se trouvait la prison. La netteté de ces clichés était telle que l’on s’attendait à voir le petit bazar, l’hôtel de Paris et de la Poste, les vieilles automobiles et les passants, figés depuis 80 ans, reprendre vie. Un seul élément du décor semblait défier le temps et les gens. Empiétant avec arrogance sur le trottoir, l’imposante poterne de la prison, porte cloutée et barreaux aux fenêtres, obligeait le piéton à se déporter sur la chaussée. Le haut mur d’enceinte, quant à lui, n’invitait pas particulièrement à la flânerie. Ces photos attisèrent ma curiosité : j’eus envie d’en savoir davantage sur cette prison. Je me décidai à reprendre le dossier par son commencement. Je ne tarderais pas à trouver la clé, la clé qui ouvre cette lourde porte ferrée de l’ancienne maison d’arrêt de Millau. [...]

    La suite est à découvrir dans le tome 2

     

  • Nous recherchons des souvenirs des premiers congés payés

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    Actualité oblige, les « commis d’écriture » de la collection « Des Millavois parlent aux Millavois » recherchent des témoignages se rapportant aux premiers congés payés : souvenirs de vacances, préparatifs, découverte de nouveaux lieux, état d’esprit, photos… Arlette Bompart, Cédric Cadaux et Pierre Costecalde se tiennent à la disposition des personnes intéressées le vendredi de 16h à 17h30. Tél : 07 83 76 35 24. 

  • Et si vous participiez ?

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    Récemment, les trois auteurs de notre collection patrimoniale « Des Millavois parlent aux Millavois » ont été chaleureusement reçus par la pétillante centenaire Georgette Fernandez qui a bien voulu leur confier ses souvenirs. Ce fut l’occasion de faire le point sur l’avancement du septième opus.

    Comme pour les tomes précédents, de nombreuses photos inédites illustreront les récits des anciens. Sagas familiales, événements, anecdotes singulières et souvenirs personnels composeront une table des matières déjà riche d’une vingtaine de textes.

    « C’est maintenant ou jamais ! » disent en cœur Arlette Bompart, Cédric Cadaux et Pierre Costecalde. En effet, même les meilleures choses ont une fin, alors ce tome, attendu pour Noël prochain, sera vraiment le dernier.

    Une photographie, une anecdote, un souvenir… il est toujours temps de rencontrer les auteurs qui se chargeront de l’écriture, chaque vendredi de 16h à 18h au bureau de l’association caritative, rue du Lion d’Or.

  • Le nouveau projet d'écriture est sur les rails !

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    Nous vous l'annoncions dès la rentrée de septembre dernier. Forts du succès de notre collection patrimoniale "Des Millavois parlent aux Millavois", nous avons décidé d'élargir notre lectorat tout en sollicitant la créativité des Millavois... Un nouveau groupe de travail s'est constitué autour d'une idée originale et ambitieuse : publier un livre de contes, nouvelles et poèmes ayant pour point d'encrage notre ville et sa région. Déjà, plus de trente poèmes nous ont été proposés ainsi qu'une dizaine de nouvelles. Les thématiques abordées sont riches et variées : drames, suspense, humour... Voici quelques titres, histoire de vous mettre l'eau à la bouche : Le médaillon, Il faisait froid, cet hiver-là..., Le semeur, Pairi daesa : le jardin paradis de la Graufesenque... 

    Aussi, lançons-nous un appel aux personnes sensibles à notre démarche et désireuses de participer à cette nouvelle aventure... N'hésitez pas à nous envoyer vos productions. Voici l'adresse du responsable de notre comité de lecture : rene.picard@atouscoeursmillau.fr.

    Précisons que ce projet s'inscrit dans les actions de solidarité de notre association. En effet, les droits d'auteur de la future publication financeront une partie du programme d'aides d'A Tous Coeurs.

    Alors, à vos plumes !

     

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  • En route vers Millau

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    de Cédric Cadaux

    Extrait

    De nos jours, nombreux sont les Millavois qui se plaignent de l'état de saleté de leur ville. En plusieurs endroits, en effet, les trottoirs sont jonchés de "fleurs de Paris", terme bien délicat employé récemment par une Millavoise originaire de la capitale. Ce jour-là, improvisant tant bien que mal quelques pas de danse, elle s'efforçait d'éviter, d’une façon ma foi fort gracieuse, ce que le plus fidèle ami de l'homme avait laissé sur les trottoirs de la rue Alsace-Lorraine. Ce manque évident d’attention à l'égard des lieux publics serait-il une coutume locale ancestrale ou bien le signe supplémentaire d'une inquiétante décadence ?

     

    Faisons ensemble, si vous le voulez bien, un saut dans le temps. Rejoignons Monsieur l'Ingénieur des Ponts et Chaussées de l'arrondissement de Millau dans sa tournée d'inspection. Il nous attend quelque part sur le plateau du Lévézou. Il s'apprête à descendre vers notre ville. Couvrez-vous bien, car nous sommes le 30 nivôse de l'an IV de la République, ou le 20 janvier 1796 pour les ci-devants, au coeur de l'hiver, et nous voyagerons à bord d’une lourde berline tirée par quatre chevaux. Retrouvons-le, sans nous y attarder, à l'entrée de Viarouge. Ce hameau se trouve aujourd'hui à l'écart de la route départementale mais il fut pendant longtemps un passage redouté des automobilistes bravant les rigueurs de l'hiver.

    Nous constaterons par nous-mêmes que la traversée de ce village, jusqu’au bois de Trie, se révélait difficile, voire impossible lorsque les hivers étaient pluvieux. Passons sur les ornières qui se forment un peu partout faute d’entretien et engageons-nous dans la descente du Bois du Four. A ce moment précis de notre expédition, nous préférons vous mettre en garde, dans votre intérêt : le cheminement sera des plus périlleux et pour cause ! Le propriétaire de l’auberge a comblé le fossé faisant face à l’entrée de sa remise. Cela ne serait rien s’il n’avait pas, plus bas, construit une forge qui avance sur le chemin : les eaux se déversent sur la route et la dégradent continuellement. [...]

    Découvrez la suite de ce récit dans le tome 2

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  • Le Saoutadou

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    par André Cadaux

    Extrait

    Dans les années 50 et en toutes saisons le Saoutadou débordait d’activités diverses et variées. Au printemps, après le repas de midi et avant de reprendre le travail les habitants de ce joli et vivant quartier avaient l’habitude de se retrouver sur la place de l’Hôpital (actuellement place Bompaire) pour profiter à l’abri de la grande bâtisse, des premiers rayons de soleil. Les papotages et les bavardages allaient bon train...

    La Place n’était pas goudronnée et les voitures en stationnement y étaient rares. Quelques « sportifs » pratiquaient le jeu de « Pioule » en semaine, les samedis et dimanches étant réservés à la pétanque.

    « Pioule », j'ignore l’origine de ce nom… Toujours est-il que ce jeu avaient de nombreux adeptes. Voyons tout d’abord le « terrain » :  deux traits parallèles distants de 2 m 50 étaient préalablement tracés sur le sol. Partant d’un de ces traits, les joueurs à tour de rôle lançaient de petites pièces de monnaie le plus près possible de l’autre trait. Lorsque qu’une pièce lancée par un joueur touchait ou chevauchait la ligne il criait « PIOULE! ». Alors il ramassait toutes les pièces jouées, les secouait dans ses mains, les faisait sauter en l’air en choisissant pile ou face… Toutes les pièces tombées du côté choisi, étaient gagnées.

    Les cinq premiers ( ceux qui avaient approché leur pièce le plus près) avaient le droit de lancer. Les pièces non gagnées constituaient un « pot » qui était remis en jeu à la partie suivante. Certains, pour ne pas trouer les poches de la veste ou du pantalon avaient confectionné des petits sacs pour mettre leur « trésor » mais si à ma connaissance, personne ne s’est enrichi, les parties et réparties étaient mémorables! Les parties de Pétanque étaient aussi endiablées, gagnants et perdants se retrouvaient « chez Basile » le bistrot du coin pour boire l’apéritif.

    L’été et en automne tout le monde se déplaçait vers le Tarn (au parapet du Saoutadou) pour avoir un peu de fraîcheur. L’eau de la rivière n’était pas aussi limpide qu’aujourd’hui…d’autant plus qu’un égout aux relents nauséabonds s’y déversait. Par contre c’était l’endroit le plus poissonneux. Des pêcheurs en quête d’une « grosse pièce », notamment d'un barbeau, venaient tremper le fil. Les plus belles prises étaient mises dans le bassin du jardin de l’Hôpital pour dégorger et aussi pour le plaisir des yeux des pensionnaires de l’Hospice. (...)

    Découvrez la suite de ce récit dans le tome 4

     

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  • Les Coopérateurs... que de chemin parcouru !

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    d'après les archives et le récit de Claude Artières

    Extrait

     Dans les années 1920, les rues du vieux Millau débordaient d'activités. C'était l'époque où, le soir venu, en été, on sortait sa chaise devant sa porte pour cancanéjer et refaire le monde...

    Un Cercle des Coopérateurs, aux activités diverses, existait déjà dans notre ville. Il ouvrait des magasins d'alimentation. A « La Glaneuse » par exemple, on fabriquait du pain vendu par trois femmes poussant un chariot. Il organisait des rencontres sportives et des fêtes attirant la foule des grands jours. Lors de la Cavalcade du 4 août 1923, son char fleuri remporta brillam­ment le premier prix.

    Deux cafés résumaient la vie poli­tique d'alors : «La Fra­ternelle» bd Sadi Car­not, fréquentée par les «Blancs», «La Gerbe Sociale» rue Clausel de Coussergues, par les «Rouges». Celle-ci, bon­dée à la sortie du travail, proposait, dès 16 heures, des collations plutôt copieuses. Les habitués, portés sur le «miech conou» (chopine de rouge), s'enflammaient au cours de discussions animées où les préoccupations locales rivalisaient avec le contexte politique général. [...]

    Retrouvez le texte intégral dans le tome 6

      

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  • Histoires de Loups

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    de Cédric Cadaux

    d'après le récit de Jeanine B.

    Extrait

    Ma mère me racontait souvent cette histoire, qu'elle tenait elle-même de sa grand-mère. Elle a dû se passer dans les années 1880. Nous étions en hiver. A cette période de l'année, la nuit tombe vite. On avait l'impression que la neige et le froid très vif  avaient figé toute forme de vie sur le Lévézou. Un homme d'une quarantaine d'année, journalier de son état, se louait dans une ferme de Marzials. Alors qu'il venait de terminer sa pénible journée de labeur, il se mit en route, comme tous les soirs,  en direction de Castelnau-Pegayrols où sa famille demeurait. L'homme devait parcourir, à pied bien entendu, une distance de 4 ou 5 kilomètres. Ce chemin, qu'il connaissait maintenant par coeur, avait une particularité : il traversait une grande châtaigneraie. Cela n'avait en soi rien d'exceptionnel, les châtaigniers étant des arbres très répandus autour de Castelnau. Mais ce soir-là, notre courageux  ouvrier prit du retard. Il craignit de se laisser surprendre par la nuit. Aussi, il décida de presser le pas. Mais il avait l'étrange impression, depuis  qu'il s'était enfoncé dans le bois,  d'être suivi. Il se retourna et vit  deux yeux brillants le fixant à une vingtaine de pas derrière lui. La taille de l'animal ne laissait aucune place au doute : c'était un loup !
    L'homme s'arma de courage, s'efforça de marcher toujours à la même allure, se retournant de temps à autre pour s'assurer que la bête gardait ses distances. Il fut  ainsi accompagné jusqu'à l'entrée du village de Castelnau !

    J'ai passé mon enfance, dans les années 30, à Castelnau-Pegayrols. Je vivais dans une ferme et je me souviens que dans la pièce à vivre, la cuisine, il y avait un évier en pierre, percé d'un trou afin d'évacuer les eaux usées. Ces éviers étaient très communs à l'époque, ils dataient du siècle dernier. Mon arrière-grand-mère racontait que dans sa jeunesse, les hivers sur le Lévézou étaient particulièrement rudes. (...)

    Retrouvez le récit intégral dans le tome 1

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  • La rue Louis Blanc dans les années 40-50

    de Cédric Cadaux

    d'après les souvenirs de Paul Cadaux 

    et Marie-Thé.

    Extrait

    Quel est l'automobiliste millavois qui ne passe pas au moins une fois dans la semaine par la rue Louis Blanc au volant de sa voiture ? Pendant de nombreuses années, dès que les cloches des écoles s'étaient tues, cette voie, qui n'est autre que la RN 9, était saturée de files ininterrompues d'automobiles avançant à la vitesse de l'escargot, moteur chauffant, tractant caravane ou remorque chargée à bloc. Mais chacun savait que cet épuisant périple était le prix à payer pour quelques semaines de dépaysement, de repos et de bonheur sur les plages sablonneuses de la Grande Bleue.

    Mon père, lorsqu'il était enfant dans les années 40, habitait dans cette rue. Son père, artisan fabriquant des calibres pour les besoins de la ganterie, activité millavoise alors florissante, se rendait tous les jours à son atelier, rue du Voultre, proche de la rue Louis Blanc. Un jour, alors que nous nous rendions en centre-ville, mon père me fit la remarque que cette rue avait bien changé depuis soixante ans. En quoi avait-elle changé ?

    Bien plus tard, lorsque nous décidâmes de nous lancer dans ce projet de collecte de récits et d'anecdotes, je repensai à ces propos tenus par mon père, et lui proposai de remonter le temps avec moi. Il accepta de bon cœur et se souvint que son ancienne voisine de la rue Louis Blanc, de deux ou trois années son aînée, venait de temps à autre dans la boutique de l'association. Il la contacta. Marie-Thé, nous l'appellerons ainsi, institutrice à la retraite, nous rendit visite un mercredi après-midi au local de la rue du Lion d'Or. Je devinai, lorsque cette dame aux yeux pétillants se présenta dans le bureau, que ce qu'elle avait à me dire se révèlerait passionnant.

     

    Je ne fus pas déçu, car j'eus le privilège de redécouvrir, deux heures durant, une ville qui pourtant m'a vu naître, Millau dans les années 40 et à mes yeux, une autre planète...

     

    Paul C. -Mon plus lointain souvenir de la rue Louis Blanc remonte à la fin de la guerre. J'étais alors très jeune, mais je revois ma mère, tous les soirs, fermant les volets, calfeutrant les fenêtres avec des morceaux d'étoffe et du papier afin de ne pas laisser passer le moindre rai de lumière, pouvant être vu depuis la rue, car les Allemands imposaient le couvre-feu.

     

    Marie-Thé -Je me souviens parfaitement de cette période et de ce détail, mais je n'habitais pas encore rue Louis Blanc, mes parents occupaient un appartement rue André Balitrand. C'est là-bas, dans ce quartier, que j'ai vécu les années de guerre, et je pourrais vous raconter beaucoup d'anecdotes de cette époque. Il me revient en mémoire quelques paroles d'une chanson que je fredonnais souvent avec mes amies et qui en dit long sur la dureté du temps, mais c'est bien connu, les enfants ont le don de trouver matière à rire et jouer même dans les situations les plus dramatiques :

     

    « J'ai demandé à ma mère ce qu'il y avait pour dîner

    Elle m'a répondu des rutabagas et des topinambours

    Et moi je lui ai dit :

    Les rutabagas c'est pour les gagas,

    Les topinambours, c'est pour les cabours ! »

    Mais retournons rue Louis Blanc, et que le voyage commence...

    Paul C. - La rue Louis Blanc comptait plusieurs commerces dans les années quarante : la boucherie Bernard, le marchand de journaux, les trois épiceries, dont les Docks Méridionaux et l'Étoile du Midi... J'en oublie certainement.

    Marie-Thé - Pour entrer dans l'épicerie des Docks Méridionaux, il fallait descendre deux ou trois marches, et lorsqu'il y avait une crue, le magasin était inondé : les boîtes de sucre se retrouvaient dans l'eau!

    Paul C. – Le dimanche, lorsque ma mère nous avait préparé une tarte, nous la portions chez le boulanger pour qu'il la fasse cuire dans son four à bois. (...)

    Découvrez le texte intégral dans le tome 1.

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  • Mon premier poste d'institutrice

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    de Cédric Cadaux

    d'après le récit de Marie-Thé

    Je garde de mon premier poste d’institutrice un souvenir particulièrement ému. En 1957, mes deux bacs en poche et avec l’enthousiasme de mes dix-huit ans, me voilà en route dans la voiture familiale vers ce qui sera, deux années durant, mon univers de jeune enseignante. Un petit village, que dis-je, un hameau composé de trois maisons, L. de M., perdu au fin fond du pays Saint-Affricain. C’est là, dans ce lieu coupé du monde et «ravitaillé par les corbeaux», que je vais découvrir les réalités de mon métier. Il faut dire qu'à cette époque, en Aveyron, chaque petit bourg ou presque avait son école, et il fallait souvent avoir une volonté inébranlable et chevillée au corps pour faire ses premières armes dans l’enseignement.

    L’image de ma première école est restée intacte, gravée dans ma mémoire. Je revois cette route longeant la vallée de la Sorgue que nous empruntions une fois par mois avec mes parents, car à cette époque je n’avais pas le permis de conduire, puis le chemin de terre que nous suivions sur plus de deux kilomètres pour atteindre notre destination. Le bâtiment scolaire était constitué de deux niveaux. Au premier étage se trouvaient trois pièces en enfilade. La première, au-dessus d’une porcherie, faisait office de salle de classe, la deuxième, au-dessus d’une bergerie et de dimensions plus modestes, était le logement de l’enseignant. La porte d'entrée en bois n’avait plus d’âge. Donnant sur un tas de fumier de brebis, une petite fenêtre éclairait chichement ma table et mon lit. Quant à la troisième pièce, se situant sur l’étable et n’offrant pas les conditions de sécurité suffisantes, elle avait été purement et simplement condamnée au moyen de plusieurs grosses planches sommairement clouées à même la porte. Je n’avais ni eau, ni électricité, ni toilettes. Nous partions dans les «chestres» et les élèves devaient aller chercher de l’eau à la source toute proche. Pour ma part, j’utilisais un broc en émail vert pour faire ma réserve d'eau potable. Un poêle à bois trônait au milieu de la classe. Les parents m’apportaient des bûches et avec mes six élèves (un dans chaque cours, c’est ce que l’on appellerait aujourd’hui de la pédagogie différenciée !) nous allions ramasser des brindilles pour allumer le feu. Je profitais souvent de la ballade pour faire une leçon de choses. Comme je ne disposais d'aucune chaise pour m'asseoir en classe, c'est Monsieur le Curé qui me prêtait celle du presbytère. Le jeudi matin, journée de repos, je la plaçais dehors, devant la porte de l'école, afin qu'il la récupère pour le catéchisme !

    Dans mon petit « chez moi », je me chauffais avec un « Myrus ». Comme je ne possédais pas d' armoire dans laquelle ranger mon linge, j’utilisais de vieux bureaux d’élèves qui avaient été remisés. Le toit de l’école était en mauvais état, c'est peu dire, et le plafond de ma chambre était troué. Couchée, je pouvais admirer le ciel étoilé ! Lorsque je rentrais chez mes parents, une fois par mois, je prenais soin de déplacer le lit afin qu'il ne se mouillât pas en cas de pluie. J'allais chercher le lait dans l'une des fermes voisines. Je me souviens qu'un matin, alors que j'avais oublié de couvrir la casserole la veille au soir, j'ai retrouvé une petite souris noyée dans le lait !

    Le jeudi, je ne faisais pas la classe. Ce jour-là, je m'ennuyais à mourir, alors j'allais garder les vaches avec une fermière et ainsi les heures passaient plus vite ! Puis vint le temps du certificat d'étude. Au début de ma carrière, ce diplôme marquait bien souvent, dans les campagnes, la fin de la scolarité, le grand saut dans l'âge adulte. Cette année-là, je présentai un élève, André, âgé de 14 ans, garçon sérieux et travailleur. Mais comment se rendre à Camarès, qui était le centre d'examen dont nous dépendions ? Qu'à cela ne tienne ! Nous enfourchâmes chacun un vélo prêté par des voisins, et nous voilà partis un beau matin à 5h30. Nous devions parcourir 25 kilomètres et nous présenter à Camarès deux heures plus tard. Nous arrivâmes à l'heure, un peu exténués, j'en conviens. André fut reçu haut la main. Pour me remercier, son père et sa grand-mère (sa maman était décédée) invitèrent la «maistre» à la ferme, afin de partager leur repas. Ces gens étaient charmants. Je me souviens encore du délicieux ragoût qu'ils m'ont servi et de l'agréable moment que nous avons passé tous ensemble. Je revois les yeux pétillants de cette grand-mère, fière de la réussite de son petit-fils.

    Il est, dans la carrière d'un enseignant de l'école primaire, un rituel incontournable et parfois redouté : la visite de Monsieur l'Inspecteur. Peu de temps après ma prise de fonction, je vis arriver une grosse voiture, moteur vrombissant dans un nuage de poussière. C'était Monsieur l'Inspecteur !

    «Mais où puis-je me garer, me demanda-t-il un brin dépité ? Où se trouve donc la place ?» Je dus lui avouer qu'il n'y avait aucune place dans le hameau, mais seulement trois maisons et l'école. Sa visite terminée, à l'écart des élèves, il me posa cette question, incrédule : «Vous résidez ici ? Comment faites-vous pour rester là ?» Comme je l'ai déjà dit, je restai là deux ans.

    Une fois par mois, je devais me rendre à la conférence pédagogique à Millau. C'était l'unique occasion pour moi de rencontrer des collègues et de retrouver ma ville, mes parents, mes amis. Je prenais le car à l'embranchement de la route départementale à destination de Celhes. Là, je devais attendre deux heures à la gare pour prendre un «train charrette», nommé ainsi car il s'arrêtait dans tous les villages. Le voyage jusqu'à Millau était interminable ! Mais j'arrivai enfin chez mes parents et ma mère, inévitablement, m'attendait sur le pas de la porte et me disait : «Tu sens la fède ! » Je devais alors me déshabiller et tout mon linge était lavé.

    Certes, à mes débuts, mes conditions de travail étaient rudes, mais les gens de ce village m'ont fort bien accueillie, ils m'ont aidé autant qu'ils le pouvaient et savaient trouver les mots, les gestes, les attentions qui rendaient la vie loin des miens tout à fait supportable. Il ne se passait pas une semaine sans qu'une fermière, une voisine, ne m'apporte des pissenlits, de la viande ou encore de la soupe, selon les saisons. Au fond, cette chaleur humaine n'apporte-t-elle pas la preuve que nos vies valent la peine d'être vécues ?

     

    Ce texte intégral est extrait du tome 1

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  • L'Homme Serpent

    Par Cédric Cadaux

    d'après le récit de Louis Combes

     

    L homme serpenta

    Extrait

    Je suis né rue Saint-Antoine, près de l'atelier du me­nuisier M. Guibert et de la boulangerie Trémolet, mais mon enfance se déroula pour l'essentiel rue des Fasquets, non loin des halles. Je fréquen­tais l'école du Beffroi. Il me revient de ces an­nées de jeune insouciance une anecdote liée à la déclaration de guerre. Le gou­vernement orga­nisa la récupéra­tion de ferraille à grande échelle afin de fabriquer armes et munitions équipant nos armées. Le jeudi (jour de repos des écoliers d'alors), avec cinq ou six co­pains, poussant un carrétou, nous fai­sions le porte à porte dans notre quartier et demandions aux particuliers de nous confier leurs vieux métaux. Je me sou­viens de l'estamaïre de la rue Peyrolle­rie, M. Limongi, trempant cuillères et fourchettes dans un bain d'étain afin de leur donner une seconde jeunesse. Un jour, il profita de notre passage et remplit notre chariot. Nous nous rendîmes ensuite à la gare où un employé pesa notre butin et nous paya.

    J'appréciais l'école, particulièrement les récréations... Avec des noyaux d'abricots, nous jouions à la boucarelle ou au serpent. Pour nous défouler, nous pratiquions aussi le cou­fidou : il suffisait de repérer un garçon dans un coin de la cour et de se jeter sur lui afin de l'esquicher contre le mur en criant : « Oh coufidou ! Oh coufidou ! » Simple, efficace ! Nous respections notre instituteur, M. Desmayous. Il savait capter notre attention avec ses leçons de choses, ses expériences étonnantes, ses récits historiques relatant les exploits de grands personnages...

    Comme tous les gosses, il nous arrivait de faire quelques bêtises. L'Hôtel du Commerce de la place du Mandarous disposait, à l'angle de la rue du Mouton Couronné et de celle des Fasquets, d'un jardin au portail souvent ouvert avec, à l'abri des regards un bassin dans lequel des écrevisses coulaient des jours heureux, se souciant peu du sort qui leur était réservé. Prenant garde de ne pas attirer l'attention du personnel, nous en prélevions deux ou trois spécimens que nous attissions ensuite avec un bâton. Lorsque nous n'avions pas accès au fameux jardin, curieux, nous collions notre nez, à la fenêtre grillagée à barreaux de la cuisine de l'hôtel. Pour nous faire déguerpir, le chef nous escampait des œufs !

    Le jeudi matin, nous assistions à la messe à Notre-Dame : les garçons de l'école du Beffroi d'un côté, les filles de l'institution Sainte-Marie de l'autre. Quelques jours avant la Fête-Dieu, nous répé­tions la cérémonie. Un prêtre nous indiquait les différentes étapes en faisant taper un claquoir. Certains après-midi, nous nous rendions avec le patronage au champ des curés à la Salette. Nous y disputions des matches de football, construisions des cabanes, des nichoirs pour les petits oiseaux, nous fabriquions des gaules avec des tiges d'abicasses... le tout sous la surveillance d'un abbé. Quelquefois, ce jour-là, nous profitions de l'absence des élèves pour nous rendre dans une courette de l'institution Sainte-Marie où les jeunes demoiselles jouaient à la balançoire pendant leurs récréations. Mais les religieuses de l'établissement n'appréciaient guère nos sauvages incursions et nous chassaient promptement du lieu. Si prestement qu'un beau jour, notre copain Aldo, sous-estimant la vélocité des bonnes sœurs et se croyant peut-être plus malin que nous autres, descendit de sa balan­çoire sans se hâter. Bien mal lui en prit ! Empoigné par le col de sa chemise, il fut amené manu militari auprès de la supé­rieure. Nous jugeâmes nécessaire de prévenir la mère du « prison­nier », une mamma de la rue Eustache d'origine italienne, forte en gueule, qui se rendit illico presto à l'école. Entendant brailler son rejeton, elle fit un scandale : « Si vous voulez des mioches, vous n'avez qu'à en faire, au lieu de prendre ceux des autres ! » hurla-t-elle avec un fort accent aux nonnes déconfites.

    Plus sagement, nous faisions parfois les spéléologues, nous explorions alors la Grotte des Faux-Monnayeurs, ni­chée dans les falaises du Causse Noir, au-dessus du quartier de la Salette. Les en­fants de chœur de la bande n'oubliaient pas de récupérer à l'église des bouts de chan­delles qui nous éclairaient... Au moindre courant d'air, nos lampes électriques pre­naient le relai. Parfois, nous grimpions jusqu'au Rocher Troué... Sur le chemin du retour, nous dévalions joyeusement les rulhes (éboulis de pierres) nombreuses en ces endroits...

    Dans notre quartier, nous récupérions des roues de vélo : nous les poussions avec une tige en fer pour les faire rouler. Un jour, j'ai délogé un « foutral de ratas » près de la cuisine de l'hôtel, rue du Mouton Couronné, que j'ai espouti avec mon cerceau de fortune ! Certains garagistes nous donnaient volontiers d'anciens roulements à billes. Nous les fixions sous une planche et organisions des courses de ra­balles...

    Mes parents, ouvriers gantiers, moururent prématurément : mon père en 1940, ma mère, en 1943. Je la revois encore travaillant sans relâche à sa machine à coudre « brosser ». Âgé d'à peine 16 ans, je me retrouvai seul au monde.

    Après l'obtention de mon certificat d'études, j'exerçai plu­sieurs « petits boulots ». Mon tuteur et parent, Léon Roucoules, pa­tron du magasin de confection pour hommes « La Grande Maison » m'embaucha. Je balayais le devant de porte, puis, équipé d'un landau astucieuse­ment transformé en glacière, je me rendais chez le brasseur de l'avenue Jean Jaurès, Jules Fabre, pour m'approvisionner en pains de glace. Je les livrais en­suite à nos clients de la Cité du Parc où résidait le gendre de mon em­ployeur. (...)

    Découvrez l'intégralité de ce récit dans le tome 5.

     

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  • La Cour des Miracles

    par Arlette Bompart

    d'après le récit de Roland Noyrigat

     

    Cour des miracles

     

    Extrait

    Grand retour dans le temps avec cette gravure nous présen­tant, au XVIIème siècle, une Cour des Miracles. Peut-être quelques explications car, les ans qui passent, estompent parfois nos souvenirs.

    Sous l’Ancien Régime donc, existaient des zones de non droit regroupant les reclus de la société souffrant de tous les maux possibles. Ils vivaient là, en communauté, tout au long de la journée afin d’apitoyer les bourgeois de passage et de récolter une aumône, si maigre soit-elle. Mais, MIRACLE, une fois la nuit tombée, ce pauvre monde disparaissait comme par magie ! Le vieillard rajeunissait… Le boiteux marchait droit… L’aveugle se dirigeait sans problème… Bref, tous ces infirmes retrouvaient leurs capacités respectives. Mendiants le jour, ils devenaient brigands la nuit. On comptait sur Paris une dou­zaine de ces lieux malfamés. Plusieurs grandes villes en possédaient un aussi. Les dé­truire devint le souhait le plus cher des rois et du peuple de France car les nuisances s’avéraient insuppor­tables. De décennie en décennie, de laborieuses tentatives aboutirent à des suppressions partielles. Il fallut attendre août 1784 pour déclarer fermée la totalité de ces espaces.

    Je présume que je vais éveiller la curiosité de certains Mil­lavois. Oui, notre cité aussi avait, bel et bien, sa Cour des Miracles ! Où donc ? Les anciens doivent s’en souvenir, mais vous qui l’ignorez, suivez-moi.

    Me voici sur le boulevard de l’Ayrolle, à l’angle de la rue de l’Ancienne Tour, devant l’épicerie des époux Perrier (voir tome 5, page 239). Je continue la promenade. Je longe l’atelier du menuisier ébéniste M. Pradié ; je repense à son fils, le grand Michel… M. et Mme Gaven (parents de Jean-Louis), tien­dront là, plus tard, l’agence Vespa… Je re­père ensuite l’imprime­rie des frères Bousquet dont la renommée n’est point à faire… Après un cabinet d’assurances, à l’angle du porche du Concierge, une lai­tière, chaque soir, nous fournissait encore tout tiède, du bon lait cré­meux de ferme. Un petit détour sous ce passage obscur, je revois au travail MM. Gayraud et Durand menuisiers et M. Trémolet s’appli­quant au bobinage des moteurs électriques. Les habitants de ces mai­sons riveraines, des familles nombreuses, se côtoyaient en bonne intelligence. Je me souviens des Courtial, des Rouquette et encore de la Mémé Caylus… Puis, place à la boucherie Fabre et au magasin de Claude Bessière « Cycles, Motos, Scooters ». A l’étage au-dessus, vivait Mme Bellus, laveuse de métier. Pour rincer le linge, elle descendait au grand lavoir. En hiver, elle plongeait ses mains et ses bras dans l’eau glacée. Elle nous donnait la chair de poule !

    Je me rapproche maintenant des murs et grilles du numéro 45. Que cachent-ils ? Vous le saurez bientôt. (...)

    Découvrez l'intégralité du texte dans le tome 6

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  • Expédition dans les égouts de Millau

    Photo 41

    par Cédric Cadaux

    d'après le récit de Jacques L.

    Extrait

                            « Sa première sensation fut l'aveuglement. Brusquement il ne vit plus rien. Il lui sembla aussi qu'en une minute il était devenu sourd. Il n'entendait plus rien. Il étendit un bras, puis l'autre, et toucha le mur des deux côtés, et reconnut que le couloir était étroit ; il glissa, et reconnut que la dalle était mouillée. Il avança un pied avec précaution, craignant un trou, un puisard, quelque gouffre ; il constata que le dallage se prolongeait. Une bouffée de fétidité l'avertit du lieu où il était. Au bout de quelques instants, il n'était plus aveugle. Un peu de lumière tombait du soupirail par où il s'était glissé, et son regard s'était fait à cette cave. Devant lui, il y avait un autre mur, un mur de nuit. La clarté du soupirail expirait à dix ou douze pas du point où était Jean Valjean, et faisait à peine une blancheur blafarde sur quelques mètres de la paroi humide de l'égout. Au-delà l'opacité était massive ; y pénétrer paraissait horrible, et l'entrée y semblait un engloutissement. »

                       Voici comment Victor Hugo décrivait dans « Les Misérables » l'atmosphère sombre et glauque des égouts parisiens du dix-neuvième siècle. Souvenez-vous de l'ancien forçat portant sur ses épaules le jeune Marius, blessé, tentant de le soustraire à la police en s'enfonçant dans les entrailles de Paris...

                        Il faut croire que l'imagination fertile du grand Victor essaima jusque dans les jeunes esprits des provinces les plus reculées car à Millau, dans les années quarante, une bande de quatre ou cinq gosses délurés partait dès qu'elle le pouvait sur les traces de Jean Valjean. En sortant de l'école Paul Bert, ces garçons aux faux-airs de Gavroche se donnaient rendez-vous au Saoutadou. Intrépides et casse-cou, du haut de leurs onze ou douze ans, ils l'étaient certainement. Désobéissants aussi, mais juste ce qu'il fallait pour se montrer braves aux yeux des filles qui elles, allaient à l'école Victor Hugo, proche du lieu de leurs exploits.

                       Par un dimanche maussade de novembre, je décidai de me rendre au Saoutadou. Je partis à la recherche des vieux égouts de Millau, muni de mon appareil photo et accompagné de ma chienne, trop heureuse à l'idée de pouvoir effrayer les canards qui barbotaient bruyamment près des berges du Tarn. De nos jours, lorsque l'on chemine  vers le Vieux Moulin, le long de la rive droite, on ne croise guère que quelques promeneurs ou joggeurs recherchant verdure et tranquillité. Parfois, un clochard et son chien viennent là, comme pour se mettre en congé de l'agitation urbaine. Au pied de l'imposant mur de pierre bordant le quai Sully-Chaliès, je ne tardai pas à apercevoir, placées à intervalles réguliers, les anciennes bouches d'égout qui, jusqu'au début des années soixante-dix, vomissaient dans la rivière toutes les eaux usées des particuliers et industriels de la ville. Quelques unes sont désormais murées ou fermées par de solides barreaux, souvent cachées par la végétation. D'autres, en revanche, sont toujours béantes et semblent pouvoir cracher et répandre à nouveau leur fluide  putride dans les eaux paisibles et poissonneuses du Tarn. (...)

     

    Pour découvrir le texte intégral, voir le tome 3

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