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  • Le Saoutadou

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    par André Cadaux

    Extrait

    Dans les années 50 et en toutes saisons le Saoutadou débordait d’activités diverses et variées. Au printemps, après le repas de midi et avant de reprendre le travail les habitants de ce joli et vivant quartier avaient l’habitude de se retrouver sur la place de l’Hôpital (actuellement place Bompaire) pour profiter à l’abri de la grande bâtisse, des premiers rayons de soleil. Les papotages et les bavardages allaient bon train...

    La Place n’était pas goudronnée et les voitures en stationnement y étaient rares. Quelques « sportifs » pratiquaient le jeu de « Pioule » en semaine, les samedis et dimanches étant réservés à la pétanque.

    « Pioule », j'ignore l’origine de ce nom… Toujours est-il que ce jeu avaient de nombreux adeptes. Voyons tout d’abord le « terrain » :  deux traits parallèles distants de 2 m 50 étaient préalablement tracés sur le sol. Partant d’un de ces traits, les joueurs à tour de rôle lançaient de petites pièces de monnaie le plus près possible de l’autre trait. Lorsque qu’une pièce lancée par un joueur touchait ou chevauchait la ligne il criait « PIOULE! ». Alors il ramassait toutes les pièces jouées, les secouait dans ses mains, les faisait sauter en l’air en choisissant pile ou face… Toutes les pièces tombées du côté choisi, étaient gagnées.

    Les cinq premiers ( ceux qui avaient approché leur pièce le plus près) avaient le droit de lancer. Les pièces non gagnées constituaient un « pot » qui était remis en jeu à la partie suivante. Certains, pour ne pas trouer les poches de la veste ou du pantalon avaient confectionné des petits sacs pour mettre leur « trésor » mais si à ma connaissance, personne ne s’est enrichi, les parties et réparties étaient mémorables! Les parties de Pétanque étaient aussi endiablées, gagnants et perdants se retrouvaient « chez Basile » le bistrot du coin pour boire l’apéritif.

    L’été et en automne tout le monde se déplaçait vers le Tarn (au parapet du Saoutadou) pour avoir un peu de fraîcheur. L’eau de la rivière n’était pas aussi limpide qu’aujourd’hui…d’autant plus qu’un égout aux relents nauséabonds s’y déversait. Par contre c’était l’endroit le plus poissonneux. Des pêcheurs en quête d’une « grosse pièce », notamment d'un barbeau, venaient tremper le fil. Les plus belles prises étaient mises dans le bassin du jardin de l’Hôpital pour dégorger et aussi pour le plaisir des yeux des pensionnaires de l’Hospice. (...)

    Découvrez la suite de ce récit dans le tome 4

     

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