société

  • Le coup de main des Scouts de France

    Img 20170325 153221Ils s'appellent Marion, Servane, Jean-Baptiste et Raphaël. Ils ont 17 ans et sont compagnons au sein du groupe millavois des Scouts de France. Il y a un mois, ils nous ont rendu visite pour se renseigner sur notre fonctionnement, sur les actions de solidarité conduites par notre équipe. Aujourd'hui, ces quatre jeunes sont revenus pour nous prêter main forte. Dans notre modeste atelier, certes un peu à l'étroit, ils ont participé à la restauration et au relookage de meubles. Equipés de masques et de papier verre, ils ont vaillamment poncé bonnetière, bibliothèque ou table basse... Cette généreuse initiative (un "expériment" pour les initiés) s'inscrit dans le parcours personnel de ces jeunes scouts, jalonné de quatre étapes : la rencontre, l'évolution personnelle, le travail d'équipe et le partenariat avec une association. Les meubles préparés par ces jeunes seront signalés dans la boutique solidaire, une façon de rendre hommage à leur passage parmi nous.

  • Un geste généreux

    Millau luminaires arcier

    L'association A Tous Coeurs tient à remercier Madame Arcier de sa générosité à l'occasion de sa cessation d'activité, après 75 ans de bons et loyaux services. En effet, la commerçante emblématique de la place de la Capelle nous a fait don de l'ensemble de son stock de luminaires neufs et de son comptoir. Prochainement, la boutique associative de la rue de la liberté organisera une braderie spéciale. Heureuse et paisible retraite madame !

  • Le tome 7 est sorti !

    Sans titre 3"Et voguent les souvenirs", tel est le sous-titre du 7ème tome de notre saga historique "Des Millavois parlent aux Millavois" dont vous découvrez aujourd'hui, en avant-première, la couverture... Depuis sept ans maintenant, à l'approche de Noël, nous donnons rendez-vous aux passionnés d'histoire(s) locale(s) impatients de tenir entre leurs mains le tout dernier écrin de récits et d'anecdotes vécues de l'ancien temps. Ce livre, fruit d'un an de travail, fait la part belle aux photos inédites et un nouvel illustrateur, Jean-Paul Guillaume, a rejoint les auteurs Arlette Bompart, Cédric Cadaux et Pierre Costecalde. Vous voudriez en savoir un peu plus ? Voici quelques-un des titres composant cet ultime volume : "Un commerce, une vie...", "Yvonne et Maurice", "Les hommes en noir", "Du cirque à la moto", "La colonie du château", "Laurencie", "Lapinodrame", "Au Saoutadou naguère..." Mais le mieux ne serait-il pas de courir à la boutique d'A Tous Coeurs afin de vous procurer le bel ouvrage ?

     

     

  • Le tome 7, c'est pour bientôt !

    Sans titre 3"Et voguent les souvenirs", tel est le sous-titre du 7ème tome de notre saga historique "Des Millavois parlent aux Millavois" dont vous découvrez aujourd'hui, en avant-première, la couverture... Depuis sept ans maintenant, à l'approche de Noël, nous donnons rendez-vous aux passionnés d'histoire(s) locale(s) impatients de tenir entre leurs mains le tout dernier écrin de récits et d'anecdotes vécues de l'ancien temps. Ce livre, fruit d'un an de travail, fait la part belle aux photos inédites et un nouvel illustrateur, Jean-Paul Guillaume, a rejoint les auteurs Arlette Bompart, Cédric Cadaux et Pierre Costecalde. Vous voudriez en savoir un peu plus ? Voici quelques-un des titres composant cet ultime volume : "Un commerce, une vie...", "Yvonne et Maurice", "Les hommes en noir", "Du cirque à la moto", "La colonie du château", "Laurencie", "Lapinodrame", "Au Saoutadou naguère..." Mais chut ! Nous vous en dirons un peu plus dans quelques jours...

     

     

  • Les Coopérateurs... que de chemin parcouru !

    Cci08032015 copie 3

    d'après les archives et le récit de Claude Artières

    Extrait

     Dans les années 1920, les rues du vieux Millau débordaient d'activités. C'était l'époque où, le soir venu, en été, on sortait sa chaise devant sa porte pour cancanéjer et refaire le monde...

    Un Cercle des Coopérateurs, aux activités diverses, existait déjà dans notre ville. Il ouvrait des magasins d'alimentation. A « La Glaneuse » par exemple, on fabriquait du pain vendu par trois femmes poussant un chariot. Il organisait des rencontres sportives et des fêtes attirant la foule des grands jours. Lors de la Cavalcade du 4 août 1923, son char fleuri remporta brillam­ment le premier prix.

    Deux cafés résumaient la vie poli­tique d'alors : «La Fra­ternelle» bd Sadi Car­not, fréquentée par les «Blancs», «La Gerbe Sociale» rue Clausel de Coussergues, par les «Rouges». Celle-ci, bon­dée à la sortie du travail, proposait, dès 16 heures, des collations plutôt copieuses. Les habitués, portés sur le «miech conou» (chopine de rouge), s'enflammaient au cours de discussions animées où les préoccupations locales rivalisaient avec le contexte politique général. [...]

    Retrouvez le texte intégral dans le tome 6

      

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  • L'Homme Serpent

    Par Cédric Cadaux

    d'après le récit de Louis Combes

     

    L homme serpenta

    Extrait

    Je suis né rue Saint-Antoine, près de l'atelier du me­nuisier M. Guibert et de la boulangerie Trémolet, mais mon enfance se déroula pour l'essentiel rue des Fasquets, non loin des halles. Je fréquen­tais l'école du Beffroi. Il me revient de ces an­nées de jeune insouciance une anecdote liée à la déclaration de guerre. Le gou­vernement orga­nisa la récupéra­tion de ferraille à grande échelle afin de fabriquer armes et munitions équipant nos armées. Le jeudi (jour de repos des écoliers d'alors), avec cinq ou six co­pains, poussant un carrétou, nous fai­sions le porte à porte dans notre quartier et demandions aux particuliers de nous confier leurs vieux métaux. Je me sou­viens de l'estamaïre de la rue Peyrolle­rie, M. Limongi, trempant cuillères et fourchettes dans un bain d'étain afin de leur donner une seconde jeunesse. Un jour, il profita de notre passage et remplit notre chariot. Nous nous rendîmes ensuite à la gare où un employé pesa notre butin et nous paya.

    J'appréciais l'école, particulièrement les récréations... Avec des noyaux d'abricots, nous jouions à la boucarelle ou au serpent. Pour nous défouler, nous pratiquions aussi le cou­fidou : il suffisait de repérer un garçon dans un coin de la cour et de se jeter sur lui afin de l'esquicher contre le mur en criant : « Oh coufidou ! Oh coufidou ! » Simple, efficace ! Nous respections notre instituteur, M. Desmayous. Il savait capter notre attention avec ses leçons de choses, ses expériences étonnantes, ses récits historiques relatant les exploits de grands personnages...

    Comme tous les gosses, il nous arrivait de faire quelques bêtises. L'Hôtel du Commerce de la place du Mandarous disposait, à l'angle de la rue du Mouton Couronné et de celle des Fasquets, d'un jardin au portail souvent ouvert avec, à l'abri des regards un bassin dans lequel des écrevisses coulaient des jours heureux, se souciant peu du sort qui leur était réservé. Prenant garde de ne pas attirer l'attention du personnel, nous en prélevions deux ou trois spécimens que nous attissions ensuite avec un bâton. Lorsque nous n'avions pas accès au fameux jardin, curieux, nous collions notre nez, à la fenêtre grillagée à barreaux de la cuisine de l'hôtel. Pour nous faire déguerpir, le chef nous escampait des œufs !

    Le jeudi matin, nous assistions à la messe à Notre-Dame : les garçons de l'école du Beffroi d'un côté, les filles de l'institution Sainte-Marie de l'autre. Quelques jours avant la Fête-Dieu, nous répé­tions la cérémonie. Un prêtre nous indiquait les différentes étapes en faisant taper un claquoir. Certains après-midi, nous nous rendions avec le patronage au champ des curés à la Salette. Nous y disputions des matches de football, construisions des cabanes, des nichoirs pour les petits oiseaux, nous fabriquions des gaules avec des tiges d'abicasses... le tout sous la surveillance d'un abbé. Quelquefois, ce jour-là, nous profitions de l'absence des élèves pour nous rendre dans une courette de l'institution Sainte-Marie où les jeunes demoiselles jouaient à la balançoire pendant leurs récréations. Mais les religieuses de l'établissement n'appréciaient guère nos sauvages incursions et nous chassaient promptement du lieu. Si prestement qu'un beau jour, notre copain Aldo, sous-estimant la vélocité des bonnes sœurs et se croyant peut-être plus malin que nous autres, descendit de sa balan­çoire sans se hâter. Bien mal lui en prit ! Empoigné par le col de sa chemise, il fut amené manu militari auprès de la supé­rieure. Nous jugeâmes nécessaire de prévenir la mère du « prison­nier », une mamma de la rue Eustache d'origine italienne, forte en gueule, qui se rendit illico presto à l'école. Entendant brailler son rejeton, elle fit un scandale : « Si vous voulez des mioches, vous n'avez qu'à en faire, au lieu de prendre ceux des autres ! » hurla-t-elle avec un fort accent aux nonnes déconfites.

    Plus sagement, nous faisions parfois les spéléologues, nous explorions alors la Grotte des Faux-Monnayeurs, ni­chée dans les falaises du Causse Noir, au-dessus du quartier de la Salette. Les en­fants de chœur de la bande n'oubliaient pas de récupérer à l'église des bouts de chan­delles qui nous éclairaient... Au moindre courant d'air, nos lampes électriques pre­naient le relai. Parfois, nous grimpions jusqu'au Rocher Troué... Sur le chemin du retour, nous dévalions joyeusement les rulhes (éboulis de pierres) nombreuses en ces endroits...

    Dans notre quartier, nous récupérions des roues de vélo : nous les poussions avec une tige en fer pour les faire rouler. Un jour, j'ai délogé un « foutral de ratas » près de la cuisine de l'hôtel, rue du Mouton Couronné, que j'ai espouti avec mon cerceau de fortune ! Certains garagistes nous donnaient volontiers d'anciens roulements à billes. Nous les fixions sous une planche et organisions des courses de ra­balles...

    Mes parents, ouvriers gantiers, moururent prématurément : mon père en 1940, ma mère, en 1943. Je la revois encore travaillant sans relâche à sa machine à coudre « brosser ». Âgé d'à peine 16 ans, je me retrouvai seul au monde.

    Après l'obtention de mon certificat d'études, j'exerçai plu­sieurs « petits boulots ». Mon tuteur et parent, Léon Roucoules, pa­tron du magasin de confection pour hommes « La Grande Maison » m'embaucha. Je balayais le devant de porte, puis, équipé d'un landau astucieuse­ment transformé en glacière, je me rendais chez le brasseur de l'avenue Jean Jaurès, Jules Fabre, pour m'approvisionner en pains de glace. Je les livrais en­suite à nos clients de la Cité du Parc où résidait le gendre de mon em­ployeur. (...)

    Découvrez l'intégralité de ce récit dans le tome 5.

     

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  • 32, année éthylique...

    Mill1

    imaginé par Cédric Cadaux

     

    Extrait

    L'année 1932 n'a pas laissé d'empreinte indélébile dans notre mémoire collective, et pourtant... La Mandchourie devient indé­pendante (oui, mais c'est loin...), le parti nazi s'impose comme pre­mière force politique en Allemagne (là, c'est moins drôle)... Et en France ? Le 16 janvier, Louis Aragon est inculpé par le gouvernement français pour « excitation de militaires à la désobéissance et provocation au meurtre dans un but de propagande anar­chiste » à la suite de la publication, en juillet 1931, dans une revue soviétique Littérature de la révolution mondiale, du poème Front rouge. Plus festif : le 23 avril, Paris inau­gure le Parc des Princes ; plus tragique : le 6 mai, le président Doumer est as­sassiné... Plus réjouissant : Le Normandie, « le plus grand paquebot qui vit jamais le jour », est lancé aux chantiers navals de Saint-Nazaire. Il doit ef­fectuer le trajet Le Havre-New York en quatre jours et demi (pas mal le « made in France ! »). 1932, année héroïque ? Un peu quand même … L'aviateur Lefèvre relie Paris à Saï­gon en dix jours (il fallait le faire, sans la classe af­faires).

    Année anecdotique ? Bien sûr ! Citroën présente au salon de l'automobile sa fameuse Roadster AC4, équipée d'un moteur flottant, d'après un brevet américain.

     

    Et à Millau ? me direz-vous. Les moteurs flottent aussi ! Figurez-vous qu'une mystérieuse et inexplicable épidémie d'accidents de la circulation met en émoi les édiles millavois. Certes, il ne s'agit que de simples accrochages, mais leur fréquence, dans une petite ville, à une époque où l'automobile reste l'apanage d'une élite, ne manque pas d'interpeller le Maire radical Maurice Baud. Dépêché de Rodez, Monsieur l'Ingénieur-en-Chef de l'administration des Ponts-et-Chaussées ne tarde pas à remettre son mémoire. Il constate que plu­sieurs collisions se sont produites à proximité d'un café ou d'affiches murales ventant les vertus de boissons liquoreuses. Il remarque égale­ment que nombre de piétons et de marchands ambulants empruntent le plus naturellement du monde les chaussées de la cité gantière au risque de perturber la libre circulation automobile, pourtant balbu­tiante. Aussi préconise-t-il, pour une période de six mois renouve­lable, la fermeture de tous les débits de boissons de la ville et de rendre obligatoire l'usage du trottoir à toute personne circulant à pied. Il n'en faut pas plus pour mettre le feu aux poudres : nos concitoyens manifestent leur rejet de ces mesures liberticides en se rassemblant sur les places, avenues et boulevards, les gantiers et gantières se mettent en grève : on conspue l'ingénieur. Le Maire, dans un souci d'apaisement, enterre définitivement le rapport honni. En remercie­ment des services rendus, le zélé fonctionnaire ruthénois se voit muté à Nœux-les-Mines, charmante bourgade du Pas-de-Calais, où il termi­nera sa carrière...

     

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  • Les Coopérateurs... que de chemin parcouru !

    d'après le récit et les archives de Claude Artières

     

    Extrait

    Dans les années 1920, les rues du vieux Millau débordaient d'activités. C'était l'époque où, le soir venu, en été, on sortait sa chaise devant sa porte pour cancanéjer et refaire le monde... Un Cercle des Coopérateurs, aux activités diverses, existait déjà dans notre ville. Il ouvrait des magasins d'alimentation. A « La Glaneuse » par exemple, on fabriquait du pain vendu par trois femmes poussant un chariot. Il organisait des rencontres sportives et des fêtes attirant la foule des grands jours. Lors de la Cavalcade du 4 août 1923, son char fleuri remporta brillam­ment le premier prix. Deux cafés résumaient la vie poli­tique d'alors : «La Fra­ternelle» bd Sadi Car­not, fréquentée par les «Blancs», «La Gerbe Sociale» rue Clausel de Coussergues, par les «Rouges». Celle-ci, bon­dée à la sortie du travail, proposait, dès 16 heures, des collations plutôt copieuses. Les habitués, portés sur le «miech conou» (chopine de rouge), s'enflammaient au cours de discussions animées où les préoccupations locales rivalisaient avec le contexte politique général.

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    Pour rendre accessible la pratique sportive aux classes popu­laires, le Cercle des Coopérateurs loue un terrain, avec promesse de vente, rue du Champ du Prieur, en 1929. L'année suivante, « La Boule Coopérative Montplaisir » -BCM-, siégeant dans la rue éponyme et créée le 16 avril 1927, le rejoint. En 1935, hélas, pour diverses raisons, le projet d'acquisition ne peut aboutir. Dans cette ambiance d'incerti­tude, le 12 février 1937, l'Association Sportive et Artistique des Coopé­rateurs prend le relais du Cercle. Elle devient, deux ans plus tard, pro­priétaire du terrain cédé par la famille Viala, suite à l'intervention de l'un de ses membres André Bouloc, également président de la BCM (jeu de lyonnaise). Elle établit son siège 17 boulevard Saint-Antoine.

    Composition du premier Bureau : MM. Jules Fabre (employé), Paulin Costecalde (Gantier), Marius Sangiovanni (Gantier), Joseph Devic (Gantier), Ernest Camplo (Employé), Pierre Guitttard (Comptable), André Bouloc (Gantier) dit «Toto».

    Ses buts : l'accès, pour ses membres, à tous sports et loisirs (soirées, fêtes sportives et artistiques) et la création et l'entretien de tous les terrains : tennis, éducation physique, foot, basket, jeux de boules, etc.

    Les fondateurs ne manquent pas d'ambition. Leur devise : «Aide-toi, le ciel t'aidera» ? Ils s'attaquent à un sacré morceau :...

    Pour le texte intégral, voir le tome 6

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  • Le Tras Saint-Jean

    de Cédric Cadaux

    d’après le récit d' Annie J.

     

    933 001

    Extrait

    Connaissez-vous le Tras Saint-Jean ? C'est là que je suis née, c'est là que j'ai passé toute mon enfance. Le quartier Beauregard vous parlera peut-être davantage, avec ses immeubles HLM, la sécurité sociale... Dans les années 40, aucune de ces constructions n'était encore sortie de terre : il n'y avait rien, rien qu'un immense champ nu bordant la rue Louis Blanc et la place de l'industrie, alors fermée : le Tras Saint-Jean. Ma tante venait y faire paître sa chèvre et pour nous les gosses, cet endroit constituait un formidable terrain de jeux. Mes parents étaient les concierges de «La Teinturerie Nouvelle» qui jouxtait le stade Paul Tort. Nous y occupions un appartement au rez-de-chaussée et disposions d'un jardin potager dont mon père prenait grand soin. Située en face de l'actuel bâtiment de la Sécurité Sociale, cette usine a aujourd'hui complètement disparu : la «rue de la Teinturerie» est désormais l'unique et discret témoin de cette ancienne activité. Papa, surnommé Coco, se levait tous les matins à quatre heures pour mettre en route la chaudière à charbon qui assurait le besoin en eau chaude de l'établissement. Deux heures plus tard, les ouvriers arrivaient. C'était une sacrée équipe de bons vivants, travailleurs, ayant toujours le mot pour rire et souvent une bonbonne de vin blanc sous le coude pour attaquer la journée!

    Dans mes jeunes années, on attribuait volontiers des surnoms aux gens, d'après un trait de caractère, un aspect physique ou une anecdote. Chaque ouvrier de la teinturerie possédait le sien : je me souviens de Jambon, Ventrèche, Friton... Une de nos voisines, figure du quartier s'il en était, portait quant à elle le doux sobriquet de Bécassine, allez savoir pourquoi...

     

    J'étais gamine quand la guerre éclata. Des réfugiés, fuyant les zones les plus touchées par les avancées de l’armée allemande, vinrent s'installer dans des logements du premier étage de l'usine. Ils y restèrent longtemps et je trouvai là l'occasion de me faire de nouveaux amis. L'un de nos jeux favoris consistait à construire des chars avec une longue planche et des roues, sur lesquels nous dévalions la rue Louis Blanc. Un peu garçon manqué, je jouais plus volontiers avec mon grand frère et ses copains qu'à la poupée. Mais lorsque la présence de cette petite sœur devenait trop encombrante et qu'ils voulaient rester entre eux dans le grand champ, ils ouvraient la porte de l’enclos de la ferme des Verdier et faisaient sortir les oies. Ces maudites bestioles se précipitaient sur moi et me becquaient furieusement. Je prenais mes jambes à mon cou et courrais me réfugier en pleurs à la maison.

     

    Les Allemands, à partir de 1942, occupèrent l'école Jeanne d'Arc, mon école, qui n'accueillait à l'époque que les filles (les garçons étaient je crois ...

     

    Pour le texte intégral, voir le tome 2

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  • Les Amis des Malades

    par Arlette Bompart

    d’après le récit de Claudie, Gisèle et Nicole

     

    Extrait

     

    Avec sa devise « Aider et Servir », l’Association des Amis des Malades, antérieurement « Les Abeilles d’Or », a connu ses heures de gloire dans les décennies 50-60. Présidée par Maître André Raynaud, huissier (papa Raynaud, nous l’appelions ainsi), elle siégeait dans un local de l’ancienne prison, tout comme la crèche, les Francas… Eh oui ! c’était notre CREA ! Aujourd’hui, la Poste occupe cet emplacement.

     

    Cci30072015 0001a

     

    Chaque membre bénévole mettait tout son cœur à exprimer son talent. La troupe, polyvalente, se composait de gymnastes, d’ac­teurs, de chanteurs, de danseurs, d’illusionnistes, de fantaisistes… Elle présentait, chaque année, un nouveau spectacle, varié, vous vous en doutez ! Tant que les hauts murs d’enceinte de l’ex-lieu de déten­tion existèrent, donc, jusqu’en 1959, les répétitions pouvaient même s’effectuer dehors durant les beaux jours. Afin de récolter des fonds, nous organisions un gala annuel. Nous évoluions sur la scène de la Maison du Peuple devant une salle comble, pour le plus grand plaisir des Milla­vois. Notre bal, nos quines attiraient aussi beaucoup de participants.

     

    Mais, Les Amis des Malades se devaient d’être, avant tout, par leur présence, leurs représentations, les ambassadeurs de l’esprit humain et fraternel de notre ville. Leur rôle ? Se dévouer, aider les plus démunis, combler leur solitude, leur apporter quelques heures de bonheur. Ainsi, une démonstration de nos divers numéros se déroulait chaque 14 juillet dans la cour de l’Hôtel-Dieu. A l'approche des fêtes, l'association recueillait des jouets, confectionnait des paquets pour en­suite les redistribuer aux enfants nécessiteux ou orphelins.

     

    Tout au long de l’année, nous effectuions des déplacements avec le car gris et rouge de La Populaire. Rappelez-vous des chauf­feurs : messieurs Jassin, Portal, Vernhet… et du patron, M. Hubert oubliant parfois, volontairement bien sûr, de présenter la note ! Nos parents, s’ils ne participaient pas au spectacle, s’occupaient du chargement du matériel et des costumes créés par une couturière attitrée. Chacun emportait son pique-nique ou mangeait au restaurant, selon ses moyens. Ainsi, toujours dans un but humanitaire, nous al­lions distraire les patients du sanatorium d’Engayresque. Là, souvenir marquant : un verre nous était attribué avec la stricte interdiction de boire dans n’importe quel autre contenant ! A la léproserie de Val­bonne, dans le Gard, nous jouions devant une salle plongée dans l’obscurité. Vous comprenez pourquoi ! Des religieuses géraient, dans le Cantal, le Centre de La Devèze, en bordure du Lac de Sarrans, sur la presqu’île de Laussac. Elles ac­cueillaient des adultes et des enfants handicapés physiques lourds. L’image d’un certain visage atrocement déformé reste encore gravée au plus profond de nous. (...)

     

    Pour le texte intégral, voir le tome 6

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